Tout un village… en marche

Dimanche le 31 août, nous étions 18 personnes réunies à l’Espace DEP Sylvestre pour le lancement officiel de notre mouvement « Tout un village en partage ». Une première veillée à la chandelle qui s’est prolongée quelques temps après minuit.

Nous avions choisi délibérément de sortir de notre zone de confort, de nos habitudes, pour vivre quelque chose de différent, d’hors du commun. Habituellement, on termine tôt, on reste dans le cadre connu. Cette fois-ci, nous avons voulu décaler l’horaire, prolonger la rencontre dans la nuit, comme pour marquer que ce mouvement ne ressemblera pas à ce que nous connaissons déjà. Et dans la lumière des bougies, nous avons ouvert ensemble ce chemin : celui de sortir de l’isolement intérieur et de créer des liens vivants, dans la profondeur et le respect.

Témoignage :

« Lors de la soirée aux chandelles, L’ABRI s’est encore illustré par un moment d’écoute et de présence. En moins d’une semaine cette idée a pris forme et s’est vécue tout naturellement. Près de vingt personnes, membres et invités, ont partagé avec authenticité des instants forts de leur vie. Des témoignages empreints de vérités et de symboles, qui ouvrent des chemins pour aider davantage celles et ceux qui désirent sortir de l’isolement. Un autre grand pas pour le réseau l’ABRI!»


Et vendredi 5 septembre, nous avons fait notre premier débarquement!

Un village, ça ne reste pas immobile. Ça se déplace, ça se rend chez l’autre, ça va à la rencontre.

Nous avons commencé par remplir les voitures ensemble, en covoiturage. Déjà là, le ton était donné : on ne part pas chacun de notre côté, on marche ensemble. À notre arrivée, nous avons déposé la nourriture que chacun avait apportée. Autour de la table, les premiers échanges étaient simples, légers, conviviaux. Puis, tranquillement, la conversation a glissé vers quelque chose de plus profond : le rôle de l’homme dans notre société, sa vulnérabilité, sa sensibilité, l’existence de groupes d’hommes et aussi d’espaces mixtes où chacun peut trouver sa voix.

Après ce repas riche en partages, nous avons expliqué ensemble ce qu’est le mouvement Tout un village en partage. Puis, nous avons plongé dans le cœur de l’expérience. Une première question, une première porte ouverte : chacun a pris la parole pour partager une tranche de vie. Pas une tranche déjà préparée, mais une histoire vivante, née de l’énergie du groupe, de ce qui voulait se dire à ce moment-là. Tout le monde s’est exprimé, chacun à sa manière, dans une écoute profonde, dans l’accueil et le respect.

Nous avons terminé plus tard en soirée, avec une deuxième question simple mais essentielle :

Avec quoi repartez-vous? Qu’est-ce qui vous a touché? Quel élan vous habite pour continuer?

Pour moi, un moment fort a été celui où une personne s’est livrée avec une telle vulnérabilité que son histoire a résonné puissamment en moi. J’ai senti mes résistances : l’envie de fuir, la peur d’être jugée, de ne pas être à la hauteur. J’ai choisi de nommer cette résistance, de rester, et de partager quand même. Et c’est là que j’ai compris encore une fois que, dans un village, chaque parole ouvre la porte à une autre. Que c’est par la sensibilité, par l’authenticité, que nous créons ces liens profonds qui guérissent.

Un autre moment marquant pour moi a été cette prise de conscience : plusieurs personnes ont nommé leurs blessures, leurs souffrances, leurs défis de vie. Et j’ai réalisé que, très souvent, ce que nous avons manqué dans notre enfance, notre adolescence ou même à l’âge adulte… devient exactement ce que nous cherchons à offrir. Comme si nos blessures, loin de nous limiter, nous poussaient à donner. Dans le travail, dans les loisirs, dans le quotidien.

Alors, la blessure prend un sens. Elle devient une raison d’être. Elle se transforme en catalyseur pour offrir, pour contribuer, pour aider. Et dans ce mouvement, en aidant l’autre, c’est nous-mêmes que nous guérissons.

Hier soir, nous avons vu naître quelque chose de précieux : un village qui se met en mouvement.

Et ce n’est qu’un début. 🌿


Une deuxième rencontre d’écoute et de liens

Vendredi 12 septembre, s’est tenue la deuxième rencontre du mouvement Tout un village en partage. L’intention était claire : briser l’isolement intérieur en allant à la rencontre de l’autre, créer du lien, et se donner l’espace de se dévoiler à travers nos histoires de vie.

Un départ plein de spontanéité

Dès le point de rencontre à l’Espace DEP Sylvestre, la soirée s’annonçait particulière. En arrivant pour organiser notre covoiturage, nous avons croisé Jacques, qui n’avait encore aucune idée de notre mouvement. Spontanément, l’invitation lui a été lancée de se joindre à nous. Sans trop savoir où il allait ni dans quoi il s’embarquait, il a accepté. Sa confiance et sa simplicité ont donné le ton : dire « oui » à l’inconnu, s’ouvrir à l’expérience, et se laisser surprendre.

Un repas tissé comme par magie

Tout a commencé autour d’un repas. Chacun avait apporté un plat à partager, et sans se consulter, le tout formait un menu parfaitement équilibré, comme si l’harmonie s’était déjà installée avant même le premier mot. En mangeant, nous avons fait un tour de table pour dire « d’où l’on vient ». Dès ces premiers instants, des liens inattendus ont surgi, comme la découverte d’un arrière-grand-père médecin de famille relié à l’histoire de l’une des participantes.

L’écoute, ce trésor partagé

Le point fort de la soirée a été l’écoute. Une écoute offerte et reçue. L’écoute de soi-même lorsqu’on ose déposer un bout de son histoire. L’écoute des autres, qui permet à chacun de se sentir vu, entendu, aimé. Cet accueil réciproque est venu confirmer la valeur précieuse de nos cercles : un espace où la vulnérabilité devient force, où chaque voix a sa place.

Un cercle, une chandelle, une nouvelle rencontre

Après le repas, les lumières se sont tamisées et une chandelle a pris le relais. Nous nous sommes assis en cercle, dans une atmosphère intime, pour laisser émerger les histoires et les paroles. Dans ce cercle, il y avait une personne que nous rencontrions pour la toute première fois, dans un lieu lui aussi nouveau pour nous tous. Malgré ces insécurités naturelles, tout s’est fondu dans l’unité, avec simplicité et fluidité.

Le sens de cette démarche

Ce qui est ressorti de cette deuxième rencontre, c’est l’importance de créer des espaces où l’on peut s’exprimer librement, sans avoir à jouer un rôle. Pouvoir dire qui l’on est, être accueilli tel qu’on est, et sentir qu’on fait partie d’un cercle soutenant. Car seul, c’est souvent trop lourd. Ensemble, c’est possible. Ensemble, nos blessures trouvent un lieu pour se déposer, nos cœurs trouvent une ouverture.

Et la suite…

Ce n’était qu’un début. Nous cherchons déjà d’autres personnes, d’autres groupes à aller visiter. Car Tout un village en partage n’est pas un événement isolé : c’est un mouvement qui grandit, un chemin collectif vers plus de lien, plus de tendresse, plus d’humanité.

👉 Si vous connaissez des personnes ou des milieux qui auraient besoin d’une telle rencontre, n’hésitez pas à nous écrire. In English also!

Témoignage :

« Quel moment magique hier soir d’avoir accueilli chez moi l’autobus du village!

Mon coeur a été rempli de joie de recevoir toutes ces merveilleuses personnes chez moi.

Ce qui a été spécial, c’est comment mon coeur est plus léger ce matin suite à cette rencontre des autres coeurs, à l’écoute sans jugement et aux partages des expériences de vies des autres. Merci 💕 d’être là ✨️

Ma belle amie a reçu cela comme un cadeau 🌸 et elle s’est sentie reconnue par vous tous. 😍 »


Aller à la rencontre des  Kabyles : une soirée de partage et de souplesse

Vendredi 19 septembre, dans le secteur de Limbour, « Tout un village en partage » s’est rassemblé chez la communauté des Kabyles, un peuple autochtone d’Algérie. Une soirée simple et précieuse, tissée de nourritures partagées, de rires d’enfants, de récits de vie et d’intériorisation.

Tout a commencé autour du repas. 

Chacun avait apporté un plat, et la rencontre s’est ouverte par l’accueil généreux, le goût des saveurs, les conversations spontanées. On se sentait tous vraiment chez soi. On s’est présenté, on a raconté un peu de son origine, de son chemin, de ce que l’on porte. Déposer quelque chose de soi, pour être ensemble plus pleinement.

Après le repas, l’espace s’est doucement transformé. 

Les chaises se sont rapprochées.

Les lumières se sont tamisées.

Une petite chandelle a été allumée.

Et le cercle a pris forme.

Cette fois-ci, des enfants étaient présents. Leur énergie a apporté une autre couleur à la rencontre. L’expérience de vivre le cercle avec eux, de les inclure, a permis de toucher à quelque chose d’essentiel : la souplesse.

Souplesse d’accueillir ce qui est là.

Souplesse de laisser tomber les jugements.

Souplesse d’ouvrir les mains et le cœur, plutôt que de tenir aux programmes, aux attentes, à ce que l’on croit que la soirée « devrait être ».

C’est là que le vrai travail intérieur se fait sentir : lâcher-prise, observer ce qui émerge en soi, reconnaître ses réactions, ses déclencheurs, ses résistances, et les transformer en occasions de connaissance de soi.

Au cœur du cercle, deux questions ont guidé la parole :

« Racontez une tranche de votre histoire. »

« Qu’est-ce qui est vraiment important pour vous? Qu’est-ce qui fait sens dans votre vie? »

Et chacun, à sa manière, a déposé une parcelle de vérité, une couleur de son humanité.

De cette soirée reste une impression forte : la beauté de la rencontre, la richesse du mélange des cultures, la valeur d’un espace où l’on ose être soi et partager notre vulnérabilité. Quand un village entier se déplace pour écouter, partager, s’intérioriser et accueillir l’autre, c’est tout un monde qui s’ouvre.

À Limbour avec les Kabyles d’Algérie, c’est exactement ce qui s’est vécu : un moment de douce reliance et d’humanité partagée. 


Témoignage :

J’ai beaucoup aimé l’expérience du village. Chacun de nous sommes responsable de l’énergie que nous dégageons et d’où l’approche biocentrique prend tout son centre. Ne pas vouloir tout contrôler, laisser l’expérience s’organiser d’elle-même, vivre une expérience organique humaine et découvrir l’autre à travers l’ouverture sincère et authentique. Merci pour cette belle initiative qu’est le village.

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