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Retour sur notre dernière rencontre thématique
Parler de la mort, pour se rapprocher de la vie

Hier soir, à l’Espace DEP Sylvestre, nous nous sommes rassemblés pour une soirée thématique sur la mort.
Une soirée simple, humaine, vraie.
Avant même que les invités arrivent, quelque chose se tissait déjà.
La préparation de la salle, la disposition des tables, les petites chandelles, la lumière douce…
Tout cela fait partie du rituel.
Créer la beauté, c’est déjà préparer l’accueil.
Pendant qu’une équipe s’activait à la cuisine — soupe, pain, desserts — d’autres installaient l’espace, ajustaient les chaises, plaçaient les nappes.
On jasait, on riait, on se soutenait.
C’est dans ces gestes-là que commence la rencontre.
Quand les gens sont arrivés, l’atmosphère était chaude et vivante.
Une soupe savoureuse nous attendait, épicée juste à point.
Et comme toujours, chacun y mettait du sien : un pain, du fromage, un sourire.
Tout se tisse dans la simplicité du partage.
Puis, le cercle s’est ouvert.
On a présenté l’équipe, le réseau L’ABRI, et expliqué comment se déroulerait la soirée, avec le bâton de parole.
Écouter.
Témoigner.
Prendre le temps.
As-tu peur de la mort ?
C’est la première question qu’on a lancée au cercle.
Et, étonnamment, la plupart des gens n’avaient pas peur de leur propre mort.
Ce qui fait peur, c’est la souffrance.
L’inconnu.
Et surtout la perte — perdre ceux qu’on aime, vivre avec le vide que leur absence laisse derrière.
Certaines personnes ont aussi parlé de la peur de la maladie.
De cette peur que la maladie mène à la mort, et de tout ce qu’elle éveille d’impuissance et d’incertitude.
D’autres ont partagé qu’ils avaient eu peur de la mort plus jeunes.
Mais qu’avec le temps, les expériences de vie, cette peur s’était transformée.
Elle était devenue autre chose : une curiosité, une acceptation, parfois même une paix.
Et puis, la conversation a glissé vers un autre type de mort.
La mort intérieure.
La mort d’une partie de nous, d’une identité qu’on doit laisser partir.
Comme une vieille peau qu’on dépose pour en habiter une nouvelle.
Ce passage-là aussi demande du courage.
C’est une mort symbolique, mais bien réelle.
Y a-t-il quelque chose après la mort ?
Les réponses ont été multiples, nuancées, sincères.
Certains croient qu’il n’y a rien.
Plusieurs qu’il y a quelque chose.
Et d’autres ont simplement dit : « Je ne sais pas. »
Ceux qui ont accompagné quelqu’un jusqu’à son dernier souffle ont partagé des témoignages touchants.
Ils ont parlé d’un passage, d’une transformation, d’un moment empreint de paix et d’amour.
Comme si la mort n’était pas une fin, mais un changement d’état.
Un passage du corps à l’esprit.
De la matière au souffle.
On a aussi parlé du suicide.
Certaines personnes ont témoigné avec courage de leur propre expérience, de cette limite frôlée entre la vie et la mort.
Et de ce qu’elles y ont découvert : que la vie, malgré tout, en vaut la peine.
Qu’elle est précieuse, fragile et forte à la fois.
Ce fut une soirée vivante, vraie, tissée d’humanité.
Parler de la mort, c’est toujours, d’une certaine façon, se rapprocher un peu plus de la vie.
Julie Lapensée


























